L’or et la médecine

L’or et la médecine : de l’histoire aux recherches modernes

L’or est connu depuis des millénaires comme métal précieux, mais son histoire ne se limite pas aux bijoux, aux monnaies et aux objets d’art. L’or possède également une véritable histoire médicale et scientifique.

Au fil des siècles, différentes préparations contenant de l’or ont été expérimentées en médecine. Plus récemment, certains composés de l’or ont été utilisés comme médicaments, tandis qu’aujourd’hui les chercheurs s’intéressent particulièrement aux nanoparticules d’or et à leurs propriétés physiques, chimiques et biologiques.

 un métal précieux qui occupe également une place particulière dans l’histoire de la médecine.

Une histoire médicale ancienne

L’utilisation de l’or à des fins médicinales remonte à plusieurs siècles. Dans différentes civilisations, le métal a été intégré à des préparations auxquelles étaient attribuées diverses propriétés.

Cependant, ces usages anciens reposaient essentiellement sur les connaissances et croyances médicales de leur époque et ne constituent pas une preuve d’efficacité selon les critères scientifiques actuels.

C’est surtout avec le développement de la chimie moderne que les scientifiques ont commencé à étudier précisément les composés contenant de l’or et leurs interactions avec l’organisme.

Des préparations anciennes à la nanomédecine, l’histoire médicale de l’or s’étend sur plusieurs siècles.

L’or dans la médecine moderne

Au XXᵉ siècle, certains sels et composés d’or ont occupé une véritable place dans la pharmacologie.

Ils ont notamment été utilisés dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, une maladie inflammatoire chronique.

Cette approche thérapeutique, parfois appelée chrysothérapie, a notamment utilisé des composés tels que l’aurothiomalate de sodium et, plus tard, l’auranofine.

Avec l’apparition de traitements plus modernes et en raison notamment de leurs effets indésirables, les traitements traditionnels par sels d’or ont largement perdu leur place dans la prise en charge courante de la polyarthrite rhumatoïde.

Leur utilisation constitue néanmoins une étape importante de l’histoire de la pharmacologie de l’or.

Les composés d’or ont notamment marqué l’histoire du traitement de certaines maladies inflammatoires.

Pourquoi l’or intéresse-t-il les chercheurs ?

L’intérêt scientifique pour l’or n’a pas disparu. Il s’est au contraire déplacé vers de nouvelles technologies.

Les chercheurs étudient notamment les nanoparticules d’or, c’est-à-dire des structures extrêmement petites constituées d’or métallique.

À cette échelle, l’or possède des caractéristiques particulièrement intéressantes. La taille et la forme des particules peuvent influencer leurs propriétés optiques et leur comportement dans un environnement biologique.

Leur surface peut également être modifiée afin d’y fixer différentes molécules. Cette caractéristique explique une partie de leur intérêt pour la recherche biomédicale.

À l’échelle nanométrique, l’or possède des propriétés particulièrement intéressantes pour la recherche.

Des propriétés biologiques étudiées

Les recherches scientifiques explorent aujourd’hui de nombreuses interactions entre différentes formes de l’or et les systèmes biologiques.

Les travaux portent notamment sur :

  • Les mécanismes inflammatoires ;
  • Le stress oxydatif ;
  • Les interactions avec les cellules et certaines protéines ;
  • Les technologies antimicrobiennes ;
  • Les biomatériaux ;
  • Certaines applications dermatologiques ;
  • L’imagerie et le diagnostic ;
  • Le transport ciblé de molécules ;
  • La délivrance de médicaments ;
  • Certaines technologies expérimentales appliquées au cancer.

Il faut cependant distinguer une propriété observée en laboratoire, une expérimentation animale et un bénéfice médical démontré chez l’être humain. Une substance étudiée dans un domaine médical n’est pas nécessairement un traitement reconnu pour ce domaine.

Les propriétés de l’or sont étudiées dans de nombreux domaines de la recherche biomédicale.

Des propriétés biologiques étudiées

L’un des domaines les plus étudiés concerne l’utilisation des nanoparticules d’or en oncologie.

L’objectif n’est pas simplement d’utiliser l’or comme médicament anticancéreux. Les chercheurs cherchent notamment à exploiter les nanoparticules comme vecteurs, capables de transporter certaines substances vers des cellules ou tissus ciblés.

Une autre piste concerne les propriétés optiques particulières de certaines nanoparticules d’or. Sous l’effet d’une lumière adaptée, elles peuvent convertir une partie de l’énergie lumineuse en chaleur.

Ce phénomène est étudié dans le cadre de la thérapie photothermique expérimentale, avec l’objectif de chauffer très localement certaines cellules tumorales.

Ces technologies restent, selon les applications, des domaines de recherche et ne doivent pas être assimilées à l’utilisation courante de l’or comme traitement du cancer.

Les nanoparticules d’or sont notamment étudiées comme vecteurs et dans certaines technologies photothermiques.

L’or en dermatologie et dans les biomatériaux

L’or et les nanoparticules d’or font également l’objet de recherches concernant la peau, les biomatériaux et les processus impliqués dans la réparation des tissus.

Des études expérimentales examinent notamment leurs interactions avec les cellules cutanées, l’inflammation, le stress oxydatif et certains mécanismes associés à la cicatrisation.

L’or est également présent dans certains produits cosmétiques haut de gamme.

Il convient néanmoins de distinguer l’utilisation cosmétique de l’or des effets thérapeutiques démontrés. La présence d’or dans un cosmétique ne permet pas, à elle seule, d’affirmer un effet anti-âge, cicatrisant ou régénérateur chez l’être humain.

Les interactions entre l’or, les matériaux biologiques et les cellules cutanées constituent également un domaine de recherche.

L’auranofine : un composé d’or toujours étudié

L’auranofine est un médicament contenant de l’or développé pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.

Cette molécule possède aujourd’hui une particularité intéressante : des chercheurs étudient son éventuelle utilisation dans d’autres domaines.

Des travaux expérimentaux portent notamment sur ses mécanismes cellulaires et sur son potentiel dans certaines maladies infectieuses, inflammatoires ou cancéreuses.

On parle alors de repositionnement médicamenteux : un médicament déjà connu est étudié pour déterminer s’il pourrait avoir une utilité dans une autre indication.

Cela ne signifie cependant pas que toutes ces nouvelles applications soient actuellement reconnues ou validées comme traitements.

L’auranofine illustre parfaitement la manière dont la recherche moderne continue d’explorer les composés de l’or.

Or métallique, sels d’or et nanoparticules : ne pas les confondre

Lorsque l’on parle des propriétés médicales de l’or, une distinction est fondamentale.

L’or métallique massif (Au⁰) est le métal que l’on retrouve notamment dans les bijoux.

Les composés ou sels d’or sont des substances chimiques contenant de l’or. Certains ont réellement été utilisés comme médicaments.

Les nanoparticules d’or sont des particules d’or extrêmement petites, principalement étudiées aujourd’hui dans les domaines de la nanotechnologie et de la biomédecine.

Ces différentes formes peuvent avoir des comportements biologiques très différents. Une propriété démontrée pour un composé d’or particulier ne peut donc pas automatiquement être attribuée à toutes les formes d’or.

Parler « des effets de l’or » nécessite toujours de préciser sous quelle forme l’or est étudié.

Ce qu’il faut retenir

L’or possède une histoire médicale bien réelle.

Certains de ses composés ont été utilisés pendant plusieurs décennies dans le traitement de maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde.

Aujourd’hui, la recherche s’est largement tournée vers les nanoparticules d’or, dont les propriétés particulières intéressent la médecine moderne.

Inflammation, biomatériaux, imagerie, transport ciblé de médicaments, technologies antimicrobiennes ou recherche contre le cancer : l’or continue d’occuper une place fascinante à la frontière entre chimie, biologie et médecine.

Mais cette richesse scientifique demande également de la précision : les résultats concernant un sel d’or, une molécule contenant de l’or ou une nanoparticule ne peuvent pas automatiquement être transposés à toutes les autres formes du métal.

De la chrysothérapie aux nanotechnologies, l’or reste un sujet majeur de recherche scientifique.